dreamachine
2026
exposition personnelle / solo show
Chapelle XIV, Paris (FR)


« La lumière meurtrit la réalité, déchire en tous sens le tissu fin des couleurs, supprime la forme. Au moment même où nous nous croyons en pleine possession du réel, voici qu’il éclate sous nos yeux, retombe sur nos épaules, joug de jade. » [1]

Avec dreamachine, sa première exposition personnelle en France, Charline Dally ouvre un espace liminal, invitant à entrer dans un état de rêve éveillé. L’artiste compose des environnements où tout semble glisser, se dissoudre puis se recomposer. Surfaces fluides, translucides et scintillantes, formes flottantes, signaux subtils et sonorités brillantes forment une constellation traversée par un souffle commun : une empreinte évanescente en perpétuelle évolution, dont l’origine, organique ou synthétique, demeure indéterminée.

Les rayons de soleil filtrant entre les arbres le long d’une route ont inspiré la dreamachine : leurs pulsations lumineuses, perçues paupières closes, ouvrent un état liminal où les rythmes cérébraux se ralentissent et où affleurent des strates plus profondes de nous-mêmes. Les vagues aquatiques et électriques qui parcourent l’exposition se fondent les unes dans les autres, dessinant une trame de moiré hypnotique qui dilate la perception du temps.

En détournant les outils de microscopie électronique (MET) et d’imagerie à résonance magnétique (IRM), Charline Dally brouille les frontières entre geste artistique et scientifique. Elle implique des chercheur·euse·s en astrominéralogie et en neurosciences dans son processus, s’inspirant de leur langage pour en dévoiler la charge poétique.

Un petit lac de guérison se forme dans une empreinte fossilisée dans le verre. La lumière perce des trouées dans la mémoire, de la même façon qu’elle fissure la glace à la surface de l’eau, une fois le printemps revenu. Elle permet d’exposer les souvenirs, de les dissoudre, et de les catalyser en une force insoupçonnée. Les images deviennent des passages vers d’autres dimensions du réel.

L’exposition dreamachine entre en résonance avec la dimension sonore du lieu ; elle se déploie comme un vaisseau qui nous englobe et qui, pourtant, permet de plonger à l’intérieur de nous-même, facilitant une transformation profonde par-delà notre corps.



[1] Nicole Brossard, Le Désert Mauve, L’Hexagone, 1994




CRÉDITS

commissariat : Jeanne Bénichou
dreamachine : co-réalisation avec Estelle Schorpp
dickinsonia. les archives sensibles : co-réalisation avec Gabrielle HB
composition musicale : Estelle, Schorpp, Gabrielle HB
figuration : Erick Camargo
chercheur en neurosciences : Lucas Burget
assistante galerie : Justine Tinet
design graphique : Jeanne Bénichou, Mathilde Velten
montage technique : Lucie Gholam
techniciens son : Sinom, Woddd
direction Chapelle XIV : Éléonore Belaga
direction Yoyaku records : Benjamin Belaga
programmation et production des performances du vernissage : Eloisa Bignami, XEA
live : Luxie
dj set : Cosimo Damiano 
documentation : Grégory Copinet, Jeanne Bénichou